Opinions Caféines : Cyber activisme politique ou le grand n’importe quoi en Côte d’Ivoire

Partagez le direct, faites monter le mercure, mettez les cœurs, je vais casser les papos, …

Voilà ici plusieurs expressions utilisées par plusieurs « cyber activistes politiques / blogueurs » ivoiriens.

Le cyber activisme est défini comme l’utilisation de techniques de communication et de socialisation basées sur internet pour créer, opérer ou gérer toute forme d’activisme. Cela permet à tout individu ou organisation d’utiliser les réseaux sociaux ou d’autres technologies en ligne dans le but d’atteindre et rassembler une audience, diffuser des messages et faire avancer une cause ou un mouvement.

Le blogueur quant à lui est celui qui tient un blog ou participe à un blog. Le blog est une version simplifiée d’un site internet, proposée clé en main aux internautes, et gérée techniquement par un éditeur. De manière concrète,le blog permet à certains internautes, les blogueurs, de partager leurs avis, commentaires, humeurs, points de vue sur l’actualité, via la rédaction d’articles, la publication de photos, etc.

Ces (02) termes dans leur définition originelle sont loin du constat fait sous nos tropiques. Sauf si les définitions ont drastiquement évoluées.

Ils sont aujourd’hui nombreux à s’autoproclamer cyber activistes ou blogueurs. Pourtant ! Le cyber activisme est censé être un instrument de lutte pour une cause, des idéaux , … .

Le comble ! Nos pseudos blogueurs ne possèdent aucun blog.

Cette prolifération de pseudos activistes est à mon sens une dénaturation de l’expression. J’aurais préféré voir « casseur de Papo » que cyber activiste ou blogueur.

C’est même devenu un métier sous nos cieux.

L’ironie de l’histoire est que ces personnes aujourd’hui risquent de s’ériger en modèle dans notre société en perte de repère.

Si « partager le direct, mettez les coeurs, casser les papos, insulter, dénigrer, vilipender,… » peut permettre de gagner son pain alors pourquoi la jeune génération s’adonnerait-elle aux études ?

Ne dit-on pas qu’on copie ce qu’on voit à longueur de journée ?

Il ne se passe pas un jour sans que l’on ne voit des personnes s’illustrer négativement sur les réseaux sociaux.

Si nous ne faisons pas la promotion des valeurs, « partager le direct » risque de devenir le « ivorian dream ».

Les politiques, les hommes de médias dans leurs ensembles doivent éduquer leurs partisans et ceux qui se réclament d’eux afin qu’on ait des contenus instructifs sur les réseaux sociaux et sur nos plateaux de télévision.

Excellent début de semaine chers tous, on garde le sourire 😃.

NABEHE GUY DORGELES SORO

Opinions : place des universités en Afrique

Le développement de tout État nécessite la prise en compte des aspirations du peuple. Dans ce cadre, plusieurs consultations sont souvent organisées pour connaître les difficultés du peuple dans le but d’apporter des solutions (infrastructures / lois adaptées à leurs situations).

L’université, tremplin du savoir semble être mis à l’écart d’importantes décisions. Alors que, sur plusieurs décennies, les grandes annonces et les grandes réflexions qui bouleversent le monde et les États se font à l’intérieur de ces temples du savoir. Je vous prends en exemple : le plan Marshall (Discours prononcé à l’université de Harvard, 5 juin 1947) et les centaines d’échanges qui ont lieu entre autorités et les étudiants.

Dans nos pays africains, il est rare de voir des autorités s’adresser aux étudiants à travers des échanges directs sur des thématiques d’ordre national.

Pourtant ces faits énoncés, permettent aux dirigeants de connaître les aspirations du peuple. Le développement doit mettre l’homme au centre des réalisations et cela passe par la communication.

Il y a un grand fossé entre les élus et les futures élites. La proximité entre électeurs et élus existe uniquement à la veille des élections. Cette manière opportuniste ne permet pas de mieux développer les cités. Il faut mettre à contribution le génie des étudiants en leur donnant l’occasion de s’exprimer.

Les élus doivent davantage se rapprocher de leurs administrés en créant des cadres de concertation.

Les temples du savoir doivent être des lieux d’expression.

NABEHE GUY DORGELES SORO

Opinions : y a pas travail au pays.

Chaque jour, on entend des personnes scander sur les réseaux sociaux ou dans notre entourage qu’ « il n’y a pas de travail au pays ».

Ce n’est d’ailleurs pas faux. C’est vrai.
A la différence de cette expression, je dirai « il y a inadéquation formation emploi au pays ».

Une étude du CREMIDE ( Centre de Recherche Microéconomiques du Développement) de janvier 2019 montre que plus de 75% des jeunes diplômés sont en situation d’inadéquation formation – emploi en Côte d’Ivoire.

Certains ne le savent peut-être pas , mais plusieurs entreprises basées en Côte d’Ivoire (secteur des BTP, téléphonie, …) sont obligées de lancer des offres d’emplois à l’étranger pour certains postes hautement qualifiés dont les compétences manquent ici.

C’est un problème crucial.

Dans certaines organisations (même étatique), il y a des individus qui occupent souvent 3 postes et reçoivent même encore des offres d’emplois pour des consultances, … . Cela existe tout simplement à cause de la rareté des compétences qu’ils possèdent.

Ce dysfonctionnement (inadéquation formation – emploi) du marché du travail peut être réglé par l’Etat à travers les ministères chargés de la formation et ceux de l’emploi et l’individu lui-même.

  • l’Etat : réduire le nombre d’étudiants dans les filières non pourvoyeuses d’emploi afin de les orienter dans les filières pourvoyeuses d’emploi (créer même ces filières). Mais cela passe par la connaissance des besoins du marché ;
  • Le futur demandeur d’emploi : il doit se renseigner sur les besoins du marché avant de faire son choix ;
  • Le demandeur d’emploi : la reconversion. C’est-à-dire connaître les secteurs pourvoyeurs d’emplois et faire des certificats (se former) dans les domaines en question.

Chacun peut jouer son rôle afin de se garantir un avenir radieux.

Bon début de semaine.

Nabehe Guy Dorgeles Soro

Opinions Caféinés : Le terrorisme à nos portes.

Marquons un arrêt, faisons taire nos différences et concentrons nous sur l’ennemi commun. Il y va de l’intégrité de notre territoire.

A chaque fois que je me pose des questions sur le terrorisme, les réponses que je trouve (ou que je me donne) n’ont aucun fondement religieux. Elles sont purement d’ordre éducatif et liées à la pauvreté.

Ne vous demandez pas pourquoi les gens deviennent terroristes en s’appuyant sur une religion. Mais demandez vous pourquoi vous n’êtes pas parmi eux?

Pourquoi est-ce que je ne suis pas terroristes ?
Pourquoi je ne réagis pas avec des injures lorsque des gens s’attaquent à ma religion en la dénigrant ?
Pourquoi je ne réagis pas violemment lorsque je croise des personnes qui n’ont pas la même religion que moi ?

Tout simplement parce que :

  • dans ma conception, la foi et la religion sont personnels ;
  • Je suis éduqué ;
  • Ça ne me dit rien de voir des personnes avoir des avis contraires aux miens ;
  • Attaquer quelqu’un ne changera rien à ma vie ;
  • J’ai des valeurs ;
  • Je comprends que la diversité fait la beauté du monde ;
  • J’arrive à subvenir à mes besoins primaires ;
  • J’ai des occupations quotidiennes qui prennent la majeure partie de mon temps.

Je déduis là que le terrorisme tire sa source dans la sous éducation des peuples, la pauvreté et l’endoctrinement.

On endoctrine généralement les personnes sous éduquées, non occupées et pauvres. Le docteur Diarrassouba dans son étude a révélé que les personnes recrutées sur le territoire ivoirien ont accepté de rejoindre les groupes terroristes moyennant la somme de 550 000 FCFA + une moto. Vous voyez donc le lien avec la pauvreté.

Il y a certes des exceptions à toutes règles , mais je crois pertinemment, que l’éducation peut permettre d’éradiquer la radicalisation de certaines personnes.

La solution la plus viable en dépit des sensibilisations et des répressions, c’est lutter contre la pauvreté à travers l’éducation des masses, l’apport des infrastructures de base aux populations, le développement du patriotisme et du civisme, la création de pôle économiques dans les régions qui concentrent le plus de pauvres.

Soyons solidaires des forces de défenses et de sécurité qui nous protègent face à ces individus sans foi ni loi.

Nabehe Guy Dorgeles Soro

Le lyssenkisme en Afrique.

Trophim Denissovitch Lyssenko était un agronome employé par l’URSS à l’époque de Staline. Après des recherches menées en 1926 et 1928, cet agronome a affirmé détenir une nouvelle technique pouvant accroître la production agricole de l’Etat Soviétique.

A l’aide de quelques contacts dans le giron de Staline, il devient président de l’académie des sciences agronomiques du pays. Ce chercheur publiait uniquement ses « résultats » dans les revues proches du régime de Staline. Lesquelles revues étaient exemptées de critique.

Plusieurs années sont passées et la production agricole ne cessait de baisser. Malgré ces baisses, il arrivait toujours à produire des résultats dont personne ne pouvait vérifier. C’est ainsi qu’il a gravi les échelons et reçu plusieurs distinctions.

Lyssenko ne s’est jamais aventuré à publier ses résultats dans les revues internationales, car ils savaient pertinemment qu’il mentait.

Ce type de chercheurs est légion. Le dernier exemple en date est celui de Madagascar.
La recherche scientifique est par excellence le domaine où l’on trouve des résultats , le montre au monde entier et attend les critiques des uns et des autres. Elle n’est nullement basée sur la foi où les paroles d’évangile. En science tout se doit d’être prouvé. Il faut donc accepter la contradiction autant que les félicitations. Le bon chercheur est celui qui publie ses résultats.

Le cas du Madagascar est identique à celui de Lyssenko. En clair, le gouvernement malgache a fait du Lyssenkisme, c’est à dire, proclamer avoir trouvé un remède, une innovation, sans publier les résultats dans les grandes revues de médecine et pharmacie. Sans pour autant permettre aux autres de vérifier la véracité du traitement. En gros ils nous ont servi du Coca-Cola ou du nem. Parce que jusque là, seul Coca-Cola connaît les ingrédients de son produit. Et un adage dit « seul le chinois sait ce qu’il y a dans les nems. » rire !

Résultat : plusieurs personnes ont commandé la potion dite magique sans pouvoir être soignée.

Ce phénomène est aussi légion dans plusieurs secteurs.

Il faut cesser de faire croire aux gens que « lorsqu’on montre un remède au monde entier, les occidentaux vont chercher à tuer le chercheur ou l’innovateur. »

Ce qu’il faut à mon avis, lorsqu’on est sûr et certains d’être sur la bonne voie, c’est de sécuriser ses travaux à travers un brevet et le montrer au monde.

Dans mon village on dit « ce qui est bon ne reste pas caché dans le placard, on l’expose toujours. »

Nabehe Guy Dorgeles SORO