Opinions caféinés : Champions nationaux et protectionnisme

Peut-on créer des champions nationaux sans une petite dose de protectionnisme ?

Champions nationaux , ce terme est utilisé par les économistes pour évoquer, de grandes entreprises nationales compétitives à l’international, potentiellement capables de participer au développement de leur pays d’origine et qui bénéficient d’une forme de traitement favorable de la part du pouvoir politique.

Pour faire émerger les champions nationaux, je pense qu’il faut une série de mesures visant à accompagner les PME performantes.

Dire qu’on veut des champions nationaux et laisser ces mêmes « champions » en compétition loyale avec les grosses multinationales, c’est mettre les loups et les moutons dans une même cage. On connaît tous le résultat.

Inciter les gens à entreprendre c’est bien, affirmer qu’on veut des champions nationaux c’est bon. Mais cela doit se solder par l’octroi de facilités aux PME performantes.

Un exemple simple, l’Etat a pris des mesures visant à taxer l’importation des volailles.
Pour protéger les producteurs et faire émerger des champions dans ce domaine, l’état ivoirien a mis en place un prélèvement compensatoire appliqué aux importations de volailles entières, découpées et abats.
Concrètement, l’état prélève 1000 Fcfa sur chaque kilogramme de volaille importé. Du coup le prix de la volaille importée sera plus élevé que celle produite au pays.
Cette mesure a permis aux producteurs locaux d’être plus performants et plus compétitifs. Cela a entraîné le développement de la filière avicole nationale.

Aujourd’hui, on peut aisément dire qu’il y a des champions nationaux dans le domaine avicole.

Au Sénégal, une interdiction d’importation de volaille a permis de créer un champion dans le domaine (PDG de SEDIMA en est l’exemple).

Imposer des taxes, sur les produits importés par les multinationales, favoriserait la création de plusieurs champions nationaux et rendrait nos entrepreneurs plus compétitifs sur le marché local.

Après une bonne implémentation sur le marché local, nos champions pourront aisément avoir le matériel de dernière génération donc des coûts de production bas et plus tard être en compétition loyale avec les multinationales étrangères.

Ces modèles ont été appliqués au Nigeria et où les facilités qui ont été faites aux producteurs locaux ont vu aujourd’hui l’émergence de plusieurs champions nationaux. A telle enseigne qu’aujourd’hui plusieurs jeunes rêvent de devenir Dangoté ou Tony Elumelu, … .

Encourageons nos politiques à joindre l’acte à la parole afin d’avoir une nation forte sur tous les plans, surtout à reproduire le modèle sur les volailles à d’autres secteurs prometteurs.

Protégeons nos futurs champions.

Bon début de semaine 😊.
Fonçons et devenons des champions.

Nabehe Guy Dorgeles SORO

Opinions : place des universités en Afrique

Le développement de tout État nécessite la prise en compte des aspirations du peuple. Dans ce cadre, plusieurs consultations sont souvent organisées pour connaître les difficultés du peuple dans le but d’apporter des solutions (infrastructures / lois adaptées à leurs situations).

L’université, tremplin du savoir semble être mis à l’écart d’importantes décisions. Alors que, sur plusieurs décennies, les grandes annonces et les grandes réflexions qui bouleversent le monde et les États se font à l’intérieur de ces temples du savoir. Je vous prends en exemple : le plan Marshall (Discours prononcé à l’université de Harvard, 5 juin 1947) et les centaines d’échanges qui ont lieu entre autorités et les étudiants.

Dans nos pays africains, il est rare de voir des autorités s’adresser aux étudiants à travers des échanges directs sur des thématiques d’ordre national.

Pourtant ces faits énoncés, permettent aux dirigeants de connaître les aspirations du peuple. Le développement doit mettre l’homme au centre des réalisations et cela passe par la communication.

Il y a un grand fossé entre les élus et les futures élites. La proximité entre électeurs et élus existe uniquement à la veille des élections. Cette manière opportuniste ne permet pas de mieux développer les cités. Il faut mettre à contribution le génie des étudiants en leur donnant l’occasion de s’exprimer.

Les élus doivent davantage se rapprocher de leurs administrés en créant des cadres de concertation.

Les temples du savoir doivent être des lieux d’expression.

NABEHE GUY DORGELES SORO