Nous le savons tous, le Covid-19 a occasionné le confinement de la moitié des habitants de la terre. Plusieurs activités économiques sont à l’arrêt. Les écoles sont fermées.

Cela a occasionné le développement de plusieurs solutions numériques dans l’optique de permettre la continuité de l’école quoique les élèves et les étudiants sont à la maison. Ces  solutions consistent à :

  • l’utilisation d’applications mobiles qui permettent aux professeurs de dispenser les cours et d’évaluer les apprenants ;
  • les cours à la télévision (solution appliquée en Afrique, particulièrement en Côte d’Ivoire).

Ces solutions bien qu’ayant de bonnes intentions ne sont pas adaptées à l’environnement de l’Afrique.

Dans cet article, nous allons décortiquer les obstacles qui font que ces solutions risquent d’échouer (elles ont pour la plupart échoué) en Afrique.

L’apprentissage via les applications mobiles.

Cette technique d’apprentissage s’est révélée efficace en occident où même avant la crise du Covid-19,  les écoles avaient des programmes de cours en ligne dans lesquels, les étudiants pouvaient suivre et valider les cours tout en restant à la maison. L’une des conditions nécessaires à ce mode d’étude est l’accès aux nouvelles technologies (ordinateur, Smartphone, internet,…).

Sous nos tropiques, le taux d’accès à internet est faible. Le nombre d’utilisateurs d’internet en Afrique est de 435 millions sur une population de 1,272 milliard de personnes (rapport «2018 Global Digital»). En Côte d’Ivoire, seulement 11.060.000 millions de personnes utilisent internet sur plus de 25 millions d’habitants (selon étude de We Are Social et Hootsuite en janvier 2019).

Plusieurs raisons expliquent ce faible taux d’utilisation d’internet :

  • raisons économiques : l’achat d’un forfait internet s’avère couteux pour un pays qui a près de la moitié de ses habitants pauvres ;
  • raisons d’éducation : presque la moitié de la population est analphabète (43.8% selon le ministère de l’éducation nationale 2017), même quand elle en voit l’utilité, elle ne peut pas s’en servir ;
  • taux de pénétration d’internet : 85,16% du territoire ivoirien est couvert par le réseau internet 3G (ARTCI décembre 2018). Certaines zones rurales de la Côte d’Ivoire ne sont pas couvertes par le réseau internet.

Cette première solution, bien qu’efficace est inadaptée au contexte africain, en l’occurrence celui de la Côte d’Ivoire

Selon vous, comment un enfant de Sokouraba (village de la commune de Minignan) pourra prendre des cours en ligne sachant qu’il est dans l’un des villages les plus pauvres du pays et ses parents n’ont pas de Smartphone ?

Ce village est un exemple parmi tant d’autres.

Cette solution numérique est adaptée aux zones qui sont couvertes par le réseau internet et dont les habitants ont les ressources financières nécessaires pour acheter une connexion internet.

L’apprentissage à la télé et à la radio

L’utilisation des fréquences de radio et des chaines de télévisions nationales est une méthode simple et accessible à toutes les couches de la société. Dans la majorité des foyers de la Côte d’Ivoire, il y a au moins une radio/une télévision. Malgré cela cette solution s’avère totalement inefficace. Les raisons sont les suivantes :

  • absence d’interaction entre enseignant et apprenant ;
  • impossibilité pour l’enseignant de savoir si l’apprenant à bien assimilé le cours ;
  • impossibilité d’évaluer les apprenants ;
  • temps de cours insuffisant (2h par jour).

Face aux difficultés d’assurer la continuité de l’école nationale via les systèmes numériques, il est préférable de décréter un retour progressif à l’école.

Ce retour peut se faire la manière suivante :

  • les classes d’examens retournent à l’école dans un premier temps
  • distribution gratuite des masques de protection aux élèves et aux enseignants
  • respecter la distance d’un mettre entre les personnes

Après une période d’observation qui peut durer 2 semaines ou 1 mois, on peut permettre aux élèves des classes intermédiaires de reprendre les cours tout en respectant les mesures sanitaires.

L’initiative du gouvernement ivoirien qui appelle à la reprise des cours dans les zones non touchées par le Covid-19 (intérieur du pays) est à saluer. La zone touchée (le grand Abidjan) quant à elle reprendra les cours le 15 mai 2020 en temps normal.

A la longue, nos Etats doivent chercher à développer la veille stratégique afin qu’on puisse faire face rapidement et facilement aux prochaines crises à venir.

Pour l’heure, nous souhaitons une bonne reprise de cours aux élèves et étudiants qui reprennent le chemin de l’école. N’oubliez surtout pas de respecter les mesures d’hygiènes.

NABEHE SORO

2 commentaires sur « EDUCATION : ECHEC DES SOLUTIONS NUMERIQUES FACE AUX COVID-19 »

  1. Excellente analyse. Il faudrait vraiment pour interpeller nos dirigeants à investir dans le numérique et à y éduquer la population dès le bas âge parce qu’à l’allure où l’on va, le numérique est un impératif.

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